Rentrée Numérique 2026 : le FDSUT au cœur des débats sur l’avenir numérique de l’Afrique
« De la souveraineté numérique à l’accès numérique universel : financer l’avenir numérique de l’Afrique »
La 5ᵉ édition de la Rentrée Numérique s’est tenue les 8 et 9 septembre 2026 à Dakar, à l’hôtel Noom, ex-Radisson. Organisée par Gaindé 2000, cette rencontre de référence du secteur numérique avait pour thème : « Le numérique au cœur des dynamiques géostratégiques : le défi africain ».
Durant ces deux journées, acteurs institutionnels, experts et professionnels du numérique se sont réunis autour des grands enjeux liés à la transformation digitale du continent, notamment la souveraineté numérique, la cyber sécurité, l’intelligence artificielle et l’accès universel aux services numériques.
Le FDSUT engagé pour un accès numérique universel
La Coordonnatrice du Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT), Mme Ndeye Fatou Ndiaye Diop Blondin, a pris part au deuxième panel consacré au thème : « De la souveraineté numérique à l’accès numérique universel : financer l’avenir numérique de l’Afrique ».
Ce panel a réuni plusieurs acteurs du secteur autour d’une question essentielle : comment garantir une connectivité numérique accessible à tous et mobiliser les mécanismes de financement nécessaires à la transformation numérique de l’Afrique ?
À cette occasion, Mme Ndeye Fatou Ndiaye Diop Blondin est revenue sur la vocation première du FDSUT, qui consiste notamment à contribuer à la réduction de la fracture numérique et à l’accès aux services numériques sur l’ensemble du territoire.
« La vocation première du FDSUT est de connecter les zones rurales et de fournir aussi des services à des populations pas seulement rurales, mais plutôt à des institutions. »
La Coordonnatrice a également souligné le travail stratégique engagé par le Fonds afin de mieux répondre aux nouveaux enjeux du service universel.
« Nous avons fait un travail de vision stratégique de développement, un diagnostic de ce qu’est le service universel aujourd’hui. »
Cette démarche traduit la volonté du FDSUT d’adapter son action à l’évolution rapide de l’environnement numérique et aux besoins émergents des populations et des institutions.
Vers une nouvelle approche du financement du numérique
Dans son intervention, Mme Ndeye Fatou Ndiaye Diop Blondin a également évoqué les perspectives liées au New Deal et à la révision du cadre réglementaire du secteur des télécommunications.
Elle a exprimé l’espoir que le New Deal puisse contribuer à créer les conditions permettant de financer davantage l’ensemble de l’écosystème numérique.
« À travers le New Deal, tout le secteur numérique pourra être financé. »
Elle a par ailleurs rappelé l’importance de la révision du Code des télécommunications, élaboré il y a une dizaine d’années, afin de l’adapter aux réalités et aux ambitions actuelles du Sénégal.
Selon elle, cette évolution réglementaire devrait permettre de donner aux fonds concernés une mission élargie en matière de service universel, en phase avec les nouveaux défis de la transformation numérique.
« Le Code des télécommunications, qui a été rédigé il y a 10 ans et qui est en cours de révision, donnera aux fonds la mission de servir le service universel au sens large. »
Cybersécurité et intelligence artificielle : deux défis majeurs
Le Directeur général de Gaindé 2000, Ibrahima Ndour Eddine Diagne, a pour sa part insisté sur deux défis majeurs auxquels les acteurs du numérique doivent désormais faire face : la cybersécurité et les transformations liées à l’intelligence artificielle.
« Nous avons deux défis principaux : le premier, ce sont les questions liées à la cybersécurité et le deuxième, ce sont les questions liées aux transformations de l’intelligence artificielle. »
Face à ces mutations, il a appelé à davantage de préparation et d’anticipation.
Pour lui, les rencontres comme la Rentrée Numérique constituent des espaces privilégiés pour réunir les experts, analyser les menaces et identifier les opportunités afin de mettre en œuvre des stratégies à la fois préventives et défensives.
Dépasser le stade de la conception
Le Directeur général de Gaindé 2000 a également dressé un constat sur le processus de digitalisation du Sénégal. Il estime que le pays a accumulé du retard, notamment en raison d’un manque de cohérence entre certaines initiatives et de la difficulté à passer de la conception des solutions à leur mise en œuvre effective.
Il a ainsi appelé à tirer les enseignements des expériences passées et à créer les conditions favorables permettant aux projets numériques d’aboutir à des résultats concrets et durables.
L’émergence de l’intelligence artificielle rend cette nécessité encore plus urgente. Au-delà des discours déjà consacrés à l’IA, de nombreuses transformations restent à anticiper et exigent une réflexion collective.
Construire les conditions d’une transformation numérique durable
Pendant deux jours, les participants ont ainsi été invités à débattre des acquis, des insuffisances et surtout des prochaines étapes de la digitalisation du Sénégal et de l’Afrique.
La Rentrée Numérique 2026 aura permis de mettre en lumière une conviction partagée : la transformation numérique ne peut être durable sans financement, sans anticipation des risques, sans cadre réglementaire adapté et surtout sans un accès équitable aux infrastructures et aux services numériques.
À travers sa participation à ces échanges, le FDSUT réaffirme ainsi son rôle dans la construction d’un numérique plus inclusif, accessible et au service du développement économique et social.
La question de l’accès universel apparaît désormais comme un enjeu central de la souveraineté numérique africaine. Et dans cette dynamique, le financement, la régulation et l’inclusion numérique devront avancer de concert pour permettre au continent de relever pleinement le défi numérique.